samedi 11 juillet 2026

Fête de San Antonio à Anacapri entre fuite d'eau et procession, suite et fin ! Trilogie de Capri Partie IIII chap 18

  La fête de San Antonio à Anacapri, suite et fin: 

Une fuite d'eau, un sauveur ne sauvant rien et une bénédiction sous le soleil

Trilogie de Capri

La maison ensorcelée 

Partie III chapitre 18

 Les villégiatures offrent du bon et du moins bon, l'absence de machine serviable chargée d'assumer la corvée de la vaisselle en fait souvent partie.

L'esprit en paix et l'humeur légère, je m'attelai ainsi  à cette habituelle façon de finir une agréable soirée entre amis. capriotes, Léna et Arturo , assez courtois pour tourner en plaisanterie un dîner dont ils sortaient affamés! Les maudits raviolis commandés chez le meilleur traiteur, préparés par les mains expertes de la plus habile et talentueuse cuisinière d'Anacapri, s'étaient métamorphosés en pitoyables bouts de charbon, mais les citrons glacés nous avaient sauvés d'un drame épouvantable, notre honneur en ressortait quasi  intact, et  nos invités dans un charmant état, d'hilarité.... Ah ! Ces Français ! 

L'aube ne levait pas encore les diaphanes nuées de la nuit rayonnante d'un ballet d'étoiles, une sérénité parfaite enveloppait les blanches maisons blotties entre vergers et remparts. Laver quelques assiettes dans une atmosphère aussi suave relevait presque d'un bienfait du destin. Toutefois, il au bout d'une minute, je compris qu'il advenait encore une aventure des plus regrettables. Un ruisseau s'échappait sur le sol !  Je n'en croyais pas mes yeux : l'eau si précieuse à Capri, l'eau ne coulant plus des citernes, ou des rares sources de la montagne, l'eau amenée sous la mer,  à grands frais de Sorrente, jaillissait avec une étrange vigueur, non point dans la vasque, mais depuis le  placard de la cuisine...

Mais qu'avions-nous fait de mal ? Pourquoi ce châtiment terrible ? Comment être sous l'eau sur une île privée de sources ? L'antique Rio Caprile, englouti depuis mille ans, s'était-il réveillé en l'honneur de la fête de San Antonio ?  Un miracle digne du Saint  à la réputation bien établie de retrouver les choses perdues! Malgré cette explication prodigieuse, la crainte d'une inondation ravageant un logis loué à une fort sympathique propriétaire me bouleverse de peur, au point de perdre la tête et de crier  un "Au secours!" retentissant, comme si des loups affamés m'entouraient de regards avides...

L'Homme- Mari accourt à mes cris, en pousse d'autres, déniche une flopée de serpillières et se jette dans la bataille aquatique. En vain ! Plus nous écopons, mieux nous épongeons, et plus l'eau s'entête à gicler, de nulle part ... 

Toutes proches, les Campanelles de Santa Sofia fouettent notre ardeur de toute la douceur cristalline de leurs suaves mélodies, les heures filent à une allure de cheval lancé au triple galop, l'aube pointe son nez poudré d'or, et nous luttons toujours ! A force d'ardeur  et de ténacité, nous endiguons la marée inexplicable, et nous effondrons dans un sommeil si lourd qu'aucun des deux n'entend la sonnerie du portable censée nous tirer de notre repos afin d'aller défier les énormes marches de la périlleuse Scala Fenicia jusqu'à l'humble chapelle voué à San Antonio.

Un si pieux rendez-vous manqué à cause d'une ridicule fuite d'eau !  Je devine vaguement un appel, mais le sommeil l'emporte. Bercée par les campanelles, j'ai la ferme intention de dormir durant nos six petits jours sur l'île, tant pis pour San Antonio ! Savait-il seulement combien passer une serpillière trois heures d'affilée efface en vous toute envie de bouger, même si un ange sonnait dans sa trompette à l'entrée de votre maison ?  Je rêve, mais j'entends bien un bruit tonitruant évoquant la fameuse trompette, tant pis aussi pour l'ange -musicien, je  ne suis là pour personne ! 

L'Homme- Mari  reprend conscience le premier, me promet un petit-déjeuner revigorant,  et marche d'un pas hésitant vers sa cafetière adorée. Pétrifiée et courbaturée, un tantinet mélancolique, je ne cherche même pas à le suivre. 

Sans doute considère t- il gravement le sol  de cette cuisine, champs de bataille de la nuit écoulée. Notre cauchemar a-t-il  pris fin dans la lumière du matin ? C'est le jour de la San Antonio, ne méritons- nous une trêve  ?

Pour le moment, seules les mouettes rompent de leurs  bavardages stridents la quiétude de notre jardinet aux deux citronniers. Malédiction ! L'aube s'est envolée, et "mezzogiorno" est annoncée par les ferventes et infatigables campanelles! Qu'aurons pensé de nous les amis d'Anacapri ?

 "Ces Français,  quels paresseux ! Aucune parole ! Aucune ferveur ! leur  bel engouement envers San Antonio ? Quelle plaisanterie ! C'est la faute à Voltaire, certo !"

Mais, clamerai- je sur les falaises miroitantes de soleil victorieux;" Carissimi amici, nous ne sommes en rien fautifs ! Cette histoire d'eau rebelle ne relève que d'une sombre et cruelle fatalité ! "

Or, je ne rêve plus, on exhale une sorte de rage tout près, la voix s'intensifie, c'est l'Homme- Mari: le feuilleton des eaux courantes en pleine cuisine ne semble guère atteindre son ultime épisode....   J'accours et manque m'écrouler sur un sol décidemment aquatique...

"Les robinets! Gare aux robinets !"

L'Homme- Mari m'interdit de toucher à ces malotrus, eux seuls sont responsables de cette montée des eaux,  ceux de la cuisine, de la salle de bain des invités, toutefois,  grâce à un hasard providentiel, la nôtre ne laisse échapper que des filets inoffensifs, et le lavabo du jardinet ne cause nul dommages, si ce n'est sa manie de couler en fontaine abondante sur le pavement de la  majestueuse loggia.

"Roberto ! Il nous faut Roberto ! "

L'Homme- Mari objecte que notre Sauveur Roberto, héritier du savoir-faire des Romains qui le tenaient des Grecs quand ces derniers se souvenaient des leçons  d'architecture Atlante,  connaît  l'art de "l'opus reticulatum"; sait bâtir une arcade, un rempart en "opus diversum", restaurer un toit en coupole aplatie, élever une loggia aux blanches colonnes, édifier une façade à la mode antique ou prendre soin d' un contingent de volailles dodues dans sa ferme d'Anacapri. Hélas, ajoute-t-il du haut de son indéniable bon sens, le mystère des fuites d'eaux lui échappe certainement...

Je proteste et rappelle un fait évident:  l'univers de la plomberie capriote nous est inconnu, mais Roberto, trois fois béni par San Antonio, habite sur l'Olympe d'Anacapri, la promenade de la Migliera, il lui suffit de quelques minutes pour secourir à nouveau les Français en détresse... "Et il nous aime bien ! Il aura pitié de nous ..."

Comment le joindre  cet homme  compatissant et capable de tout ?

 Honteux et confus , nous voilà dans la sinistre obligation d'alarmer notre propriétaire, l'amica di Napoli que nous  craignons terriblement de déranger en pleine sieste sur une plage hors d'atteinte des troupeaux de voyageurs ... Une de ces "calle" aux vagues limpides,  blotties entre Nerano et  Amalfi, au pays des Sirènes...Les fuites d'eaux existent-elles en ces bleus paradis ?

La chère amica di Napoli ne réagit pas, les campanelles s'affolent, le portable rugit, le soleil décide de  nous choyer de ses ardeurs les plus généreuses, que faire ?

"Allons au restaurant d'en face ! Je sais, il pratique les prix des touristes, mais nous nous contenterons d'une insalata caprese , à l'ombre du bosquet de citronniers, et cela nous redonnera quelques forces, nous avons manqué la messe de l'aube, celle du soir nous attend, et la procession ! Jamais je n'oserai regarder Salvo et Flavia en face si nous ratons la procession de San Antonio, qu'est-ce qu'une vulgaire fuite d'eau à côté de la balade annuelle du Saint Patron d'Anacapri ?"

L'Homme-Mari se range pour une fois à ce déluge d'arguments et nous reléguons au fond des oubliettes la tragique situation de notre cuisine rafraîchie d'eau venue des entrailles du Monte Solaro, ou, bien plus regrettable, de la bonne ville de Sorrente...

L'escouade empressée de la charmante Trattoria "Aum- Aum" est ravie de revoir ces pauvres  Français  de la via Rio Caprile, si avares et prudents auraient-ils enfin une bourse digne du tourisme caprese ? Je suis affligée de briser leurs espoirs, nous n'avons pas changé ! et les Français  choisissent les plats les moins coûteux, tout en félicitant à la pelle le chef, les camerieri, et les jardiniers cultivant ces pomodori écarlates... 

Que ce verger de citronniers est apaisant ! les rayons tamisés d'un soleil ardent éclaircissent notre sombre humeur, tout va s'arranger, d'ailleurs un message de l'amica di Napoli s'invite au coeur de notre récréation salutaire.

"Roberto, oui, pourquoi pas ?  S'il n'est déjà en train de se préparer pour la procession, ou autre chose, aujourd'hui, c'est jour férié à Anacapri, vous savez, alors Roberto profite peut-être de la mer, ou de ses amis. Je vais essayer de vous l'envoyer. sinon, mon idraulico viendra de Sorrente, uno vero amico !  Ne bougez pas ! je l'appelle lui aussi, sono molto dispiace, vous  prenez cette aventure avec  beaucoup de gentillesse, vus êtes vraiment  des français spéciaux ! A prestissimo!"

La chaleur s'accentue, et un silence de plomb s'abat sur Anacapri. 

Le calme avant la tempête ! ragaillardis, nous franchissons la haie de camerieri invoquant les bienfaits de San Antonio sur notre passage, et apercevons une longue silhouette réfugiée sous  les rameaux du buisson de jasmin de notre voisin, une main s'agite en bravant le dur soleil, c'est notre sauveur habituel ! pourtant le sauveur en question arbore une mine perplexe et un oeil désabusé, manifestement, Roberto obéit à l'injonction pressante de l'amica di Napoli, mais aucune autre velléité  ne l'anime.

Il est en proie au doute et n'hésite pas à le montrer, tout en nous conservant sa courtoise bienveillance capriote.

Un robinet est interrogé, aussitôt, l'eau gaillarde déferle à nos pieds !

Roberto se précipite entre la salle de bain des invités et l'antre humide de la cuisine, il essaie de comprendre, ouvre les placards, soupire, rampe sur les carreaux caressés par l'eau moqueuse, et finit par désigner l'admirable arche élevée à l'entrée du salon par un artiste de la belle-époque ;

" Cara signora, cela, moi je sais le faire, achetez une ruine ici, et je vous aiderai à restaurer sa beauté  ! Pour la plomberie, il faut un spécialiste avec du matériel. Dio mio !  la musica ! la procession commence ! Vous  l'entendez  ? Elle arrive !  Que San Antonio vous bénisse ! Nous nous verrons ce soir à l'église ! Courage, l'idraulico de Sorrente trouvera la solution en dix minutes, l'amica di Napoli vous l'enverra bientôt,  priez San Antonio, il arrange tout !  Vite, sortez, San Antonio va bénir votre maison, cela tombe à point ! "

San Antonio serait-il un bon génie de la plomberie ?  Je n'ai guère le temps d'y, réfléchir, le tumulte  croît de seconde en seconde,  la rue en liesse hurle à la napolitaine, les chiens aboient à déclencher l'ire du Vésuve, les enfants sautent en cadence, les mères présentent leurs petits, les jeunes gens envoient des baisers aux belles jeunes filles qui défilent un sourire angélique aux lèvres, j'entrevois notre petite Stella- Maria, droite et rieuse, toute fière dans ses dentelles blanches, petit lutin malicieux au beau milieu des enfants du catéchisme, puis voici  la confrérie en blanc et bleu, les visages rouges et l'allure déterminée, et le parroco  qui salue comme s'il traduisait les paroles de San Antonio, couronné de fleurs d'or,  porté par les plus robustes gaillards d'Anacapri sur son char d'or. 

Spectacle saisissant, fervent, joyeux, les larmes m'en montent aux yeux, et la bénédiction vogue vers notre porte ! Nous sommes bénis ! Et, miracle, le portable nous promet la visite imminente du merveilleux "idraulico di Sorrente", à moins que le brave artisan ne préfère savourer les joies de la baignade sur sa plage de sable gris au bas de la citadelle... 

Tout dépendra du bateau et de son humeur ...  Nous restons en pleine incertitude et cette fois, fortifiée par la bénédiction , je laisse l'Homme- Mari  croire à l'impossible venue d'un plombier  de Sorrente un samedi  de fête à Anacapri et tente de trouver une quincaillerie ouverte. Anacapri abonde en quincailleries désuètes en apparence, et regorgeant  d'objets quasi insensés en réalité. Un déboucheur prodigieux  dénouera le noeud gordien de nos histoires de robinets,  comment ne pas y avoir pensé ? San Antonio a eu la vertu de me remettre les idées en bonne place .

Une, deux, trois, quatre, cinq belles quincailleries et  le vide sidéral, tous les commerces sont clos, les bonnes gens suivent la procession qui déambule avec une énergie proprement miraculeuse à l'autre bout d'Anacapri. Tant pis, je me sens guidée, et entre timidement dans l'unique magasin que j'ai du mal à fréquenter, le supermercato, privé de poésie capriote, mais parfois assez utile en temps de crise domestique, il faut l'avouer .

L'ambiance glacée au propre et au figuré me fige presque sur place, le mot "déboucheur" ne fait pas partie de mon vocabulaire, j'ai oublié notre portable, aucun dictionnaire ne s'offre à ma vue, cherchons avec patience cet objet pratique au sein des rayons.

 J'affronte la curiosité,  la méfiance, et surtout l'incompréhension, personne n'a jamais entendu parler du produit que je décris de façon imagée, personne ne désire en entendre parler ! Je ferme les yeux et supplie San Antonio de me prendre en considération, sinon en pitié, et une aimable dame me demande dans un anglais bizarre si j'ai besoin d'aide... 

 A cet instant précis, j'avise le liquide salvateur, camouflé à l'instar d'un poison à ne vendre à âme qui vive, m'en empare,  remercie la brave dame de l'aide qu'elle n'aura plus besoin de m'accorder, et vole à la maison, en le gardant serré contre mon coeur ... 

Un quart d'heure plus tard, notre devoir accompli, les tuyaux nourris de ce liquide peu odorant,  nous partons en quête de la procession, mais où San Antonio est-il passé ?

Par là, nous dit-on, non, par ici, plutôt à droite, allons donc ! Vers la grotta d'Azzura ! 

De guerre lasse, dans le soir tombant, à force de tourner et retourner, nous trouvons refuge en  l'église Santa Sofia, coquillage nacré peuplé de statues sereines en bois clair, et de pèlerins paisibles allumant une forêt de veilleuses. Sur le parvis on danse déjà devant un orchestre, des grappes d'enfants d'une élégance extrême, coquets et chamarrés, tournoient et virevoltent en clamant:"Balare ! Balare !"(danser, danser),  je voudrais surtout m'assoir ! 

"Ce sont nos amis français, venez, il reste une table, vous verrez le Saint rentrer chez lui, le pauvre, chaque année, il semble si content d'en avoir terminé... Allons, qu'attendez-vous ? "

 Nos ennuis domestiques envolés, nous voici au beau milieu d'une comedia dell'arte improvisée, tout Anacapri discute, bavarde, sautille, gesticule, règle des querelles d'amoureux, s'embrasse, se congratule, jeune filles aux décolletés plongeants, jeunes hommes fiers, patriarches tenant des guirlandes de petits enfants d'une main ferme, c'est une marée montante de bonne humeur, de longues robes fleuries, de boucles d'oreille extravagantes, de rires, et de bonheur ...

Les jeunes mariés de septembre plus amoureux que jamais nous reconnaissent avec entrain: "Papa  e Mamma sont avec les autres amis que vous aimez juste à la porte de l'église, nous allons les prévenir que vous dîner avant le retour de San Antonio !  A propos, demain, vous êtes invités à la maison, vous ne le saviez pas ?"

Non ! Mais nous sommes aussi heureux que les enfants  se bousculant pour voir San Antonio  faisant son entrée triomphale ... L'impatience atteint son comble, nous retenons notre souffle, la fanfare éclate, les braves gens s'égosillent, et dans une pluie d'étincelles, San Antonio, ravi de sa balade, se dirige vers la porte béante de Santa Sofia ...

L'Homme- Mari s'élance, prêt à immortaliser cet instant suprême, et je salue la procession qui ondule sous mon nez ...Joie simple,  ferveur pure, émotion enfantine, la fête de San Antonio ne s'achèvera qu'à l'aurore ...Nous félicitons le parroco, colosse rayonnant de bonté, qui n'en peut  manifestement plus !

"Revenez ! et priez ! San Antonio ne vous trahira jamais .."

Salvo, Flavia, Laura e Alfonso, et leur fille adolescente aux yeux verts de mer, aussi belle que la statue de la Madona du jardin secret du belvédère de la Migliera, nous obligent à nous sustenter de pain béni, afin de bien terminer notre journée de bataille contre une malencontreuse fuite d'eau.

 "Pauvres amis !  Juste le jour de la fête de San Antonio! et quel dommage d'avoir manqué la messe à l'aube ... Vous aurez moins d'ennuis l'an prochain...

"Demain, vous dînez, chez nous, vous n'oublierez pas ? "

Comment  l'oublier ? Leur jardin en terrasse est un des plus fleuris de l'île  et leur hospitalité aussi généreuse que celle de leurs ancêtres croyant  accueillir des dieux en villégiature sur le rocher divin ...

Quelques danses, des accolades, et nous marchons lentement sur le chemin désert de la Migliera.

Cette nuit, ce sentier nous appartient, la  suave nuance de la mer efface nostalgies et tourments,  au gré de la brise, flottent les chants des oiseaux invisibles parmi les ramures frissonnantes

Cette nuit est d'une douceur de miel, les jasmins brouillent les sens, les chats bondissent vers nous, le monde étincelant à l'autre bout du golfe ne nous touche plus, la fête de San Antonio  s'achève dans la douceur d'un monde idéal...

A bientôt,

pour la suite de ce roman -feuilleton, ou Trilogie de Capri: "La maison ensorcelée"

Nathalie- Alix de La Panouse ou Lady Alix

Contes et légendes de Capri 

 Chroniques littéraires

 Roman épistolaire sur les amours de la comtesse de Flahaut et de Talleyrand:

"Les amants du Louvre



 

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